Le sureau sous toutes ses formes : sirop de fleurs de sureau & fabrication de kazoo

Publié le 24 avril 2020

En ces temps confinés, nous vous partageons régulièrement des astuces pour réutiliser vos déchets verts, cuisiner les fleurs de votre jardins ou récoltées lors de vos balades. Cette fois, nous vous proposons 2 activités à réaliser avec du sureau :
Un sirop de fleurs de sureau, et un kazoo en branche de sureau !

Le sureau est un arbuste de 2 à 5m (peut grandir jusqu’à 10m) que l’on trouve à proximité des habitations humaines car c’est un arbre pionnier et de plus il aime les sols bien drainés. Il sait donc pousser dans les remblais, sur les ruines ou contre les vieux murs, mais il adore également les sols riches en humus. Il arrive également à pousser sous d’autres arbres. Vous le trouverez très facilement dans toute l’agglomération toulousaine.

Le sureau au jardin :

le sureau est un arbre à multiples ressources :

Il pousse très facilement et supporte bien la taille, ses feuilles sortent très tôt, sa floraison est abondante et très parfumée, ses fleurs sont mellifères, ses fruits attirent les oiseaux qui s’en nourrissent (fauvettes et merles aiment y nicher), ses tiges creuses servent à la nidification de guêpes solitaires qui protégeront vos plantations de leurs prédateurs et enfin ses feuilles accélèrent la maturation des tas de compost.

Sureau noir ou sureau yèble ? Il s’agit de ne pas se tromper, car l’un est comestible et l’autre non. Leurs feuilles et fleurs sont très semblable ; cependant, il est facile de les distinguer l’un de l’autre.

  • Le sureau noir : est un arbuste pérenne (il ne disparaît pas chaque année) de 2 à 10m. Dès sa deuxième année, il produit du bois, dont l’écorce brune ressemble au liège. Il fleurit de mi-avril à mi-juin.

  • Le sureau yèble : est une herbacée annuelle (il disparaît en hiver) qui ne dépasse jamais 2m. Il ne produit pas de bois, mais ses tiges creuses contiennent également de la moelle. Il fleurit tardivement de la mi-juin à septembre.

 C’est donc la saison des fleurs de sureau noir ! Ces fleurs sont si parfumées qu’elles sont parfois surnommées la vanille du pauvre. De nombreuses recettes existent à partir de ses fleurs et de ses fruits : sirop, limonade, vin mousseux, crêpes, lait parfumé, confiture,… Nous vous proposons aujourd’hui une recette de sirop de fleurs de sureau.

 

Recette : sirop de fleurs de sureau

Pour 2 litres de sirop de fleurs :

La récolte : Cueillez, avec un sécateur, 6 grandes ombelles (des corymbes) de préférence le matin. Vérifiez qu’il ne s’y cache pas quelques habitants, car les fleurs sont très prisées des pollinisateurs et de leurs prédateurs.

Les ingrédients : 2l d’eau, 2 citrons non traités (jus et zestes), 1kg de sucre roux, 6 ombelles de fleurs.

Préparation : Faire bouillir l’eau. Y plonger les ombelles 5 minutes en prenant soin de ne pas plonger la queue des fleurs (cf astuce cuillère en bois sur photo). Couper le feu et verser le jus et les zestes de citrons. Laisser infuser 10 minutes.

Pour les moins pressés, une infusion de 24h en versant les fleurs, le jus et les zestes de citron dans de l’eau bouillante conservera mieux les principes actifs de la plante.

Filtrer. Ajouter le sucre et porter à ébullition 10 minutes. Verser le sirop bouillant dans des bouteilles en verre à capsule mécanique (préférer des petites que des grandes pour la conservation une fois ouvertes) et fermer.

Une fois froides et rincées, étiqueter les bouteilles en n’oubliant pas la date.

Pour coller ses étiquettes une application de lait au pinceau fonctionne très bien. Pour encore plus d’efficacité, un mélange farine, eau et sucre chauffé doucement quelques minutes à la casserole fait une colle redoutable.

Stockage et conservation : Par expérience, nous vous conseillons de stocker vos bouteilles couchées dans un carton fermé. Il arrive parfois que le sirop fermente et qu’une bouteille explose sous la pression. Le carton limitera considérablement les dégâts dans ce cas là. Une fois ouverte, la bouteille se conserve au frigo (pas d’inquiétude, il n’y a plus de risque d’explosion cette fois-ci).

Dégustation : N’oubliez pas qu’il s’agit d’un sirop. Il faut donc de le couper avec de l’eau. Vous obtiendrez une boisson très rafraîchissante et subtilement parfumée.
Pour celles et ceux qui sont frustrés de ne pas avoir eu la recette de mousseux ou de vin au sureau, le sirop fonctionne très bien pour confectionner des kirs au vin blanc ou au crémant.

Fabrication de kazoos (ou mirlitons) :

La récolte : Prélever une branche de l’année précédente de 1,5 à 4cm de diamètre. Le bois se coupe très bien.

Les outils et éléments nécessaires : une vrille ou une fine tige filetée, de petits élastiques fins, un sac plastique, une lime ou une petite scie à onglet et un canif.

La conception :

  • Découper la branche en tronçons d’une douzaine de cm.

  • Prendre un des tronçons et le vider de sa moelle à l’aide de la vrille. Vous pouvez également écorcer le kazoo.

  • Fabriquer l’embouchure en créant une première incision à la scie à environ 3cm d’une des extrémités. En faire une seconde 1cm plus loin. Les incisions doivent révéler le vide intérieur de la tige. Puis insérer la lame du canif dans une des incisions et pencher la lame vers l’extérieur. La partie centrale va se sectionner proprement.

Embouchure à la scie.

Embouchure à la lime

Placer ensuite la membrane en fixant un carré de plastique de 4-5cm de côté avec un élastique. Placer la membrane afin de boucher l’extrémité du côté de votre embouchure.

Votre kazoo est prêt !

Jouer du kazoo : Votre kazoo n’est pas un sifflet. Si vous vous contentez uniquement de souffler dans l’embouchure aucun son ne sortira. Vous devez fredonner une mélodie (produire un son avec votre voix) tout en maintenant vos lèvres sur l’embouchure. La membrane va vibrer et le kazoo va amplifier et distordre votre son.

Si la vibration ne se fait pas, vous pouvez appuyer sur la membrane avec la pulpe de votre pouce pour la détendre un peu.