Autres valorisations de la matière organique

 

Le compostage constitue la forme la plus connue de valorisation de la matière organique, cependant il existe bien d’autres moyens de la détourner de nos poubelles. Voici quelques unes des autres formes de valorisation de la matière organique.

Le paillage

Dans la nature, le sol n’est jamais nu. Il se couvre spontanément et très rapidement de végétation. L’automne, quand celle-ci s’apprête à s’amoindrir, les arbres sont là pour offrir leur couverture de feuilles. Un sol à nu se dessèche ou se noie selon la saison, il n’est pas nourri et est déserté par sa microfaune. Au potager, il est donc primordial de garder un sol couvert.

Pailler un sol consiste à y déposer une épaisse couche de matière organique. Celle-ci se substituera aux herbes folles et gardera l’humidité du sol tout en le protégeant des orages délavants. Elle gardera la chaleur l’hiver et le protégera des rayons agressifs du soleil d’été, nourrira le sol et y créera de la vie.

On peut pailler un sol avec tout type de matière organique.
Elle peut être sèche : paille, copeaux, broyats, feuilles mortes, tonte de gazon.
Ou fraîche : déchets végétaux, herbes folles issues du désherbage, etc. Attention, si vous paillez avec de la matière très azotée comme de la tonte de pelouse ou même des déchets de cuisine, soyez très parcimonieux car il faut éviter le pourrissement. Faites des couches très fines sans contact direct avec les plantations. Le paillage de matières sèches peut à court terme appauvrir le sol. En effet les organismes décomposeurs pompent l’azote de la surface du sol pour digérer ces matières, donc des jeunes plants aux racines peu profondes et exigeants en azote risquent de dépérir. La solution est donc de couvrir préalablement le sol d’une couche de compost frais riche en azote avant de pailler pour que l’équilibre se fasse.

L’utilisation des tontes de gazon : le mulching

Les tontes de gazon peuvent être laissées sur place lorsque l’herbe coupée n’est pas trop haute (sinon elles pourraient étouffer le gazon) pour enrichir le sol en azote : c’est ce qu’on appelle le mulching. Elles peuvent aussi servir de paillage pour les plantations exigeantes en azote comme les légumes fruits ou les courges. Faîtes attention toutefois à ne mettre que de très fines couches de tonte pour éviter le pourrissement.

Les purins et décoctions de plantes

Certaines plantes sauvages ont des vertus très intéressantes pour le potager : prévention contre les maladies, répulsif contre les ravageurs, engrais… Si vous les considérez comme indésirables, récoltez-les et faîtes en des purins. Cela consiste à les hacher grossièrement et à les faire macérer dans de l’eau de pluie pendant un temps plus ou moins long selon la plante, à hauteur d’1kg de plantes pour 10l d’eau. Utilisez-les filtrés, et dilués ou non selon les cas. En purin, les plus connues sont l’ortie, la consoude, la fougère, la rue, le sureau, la tomate, le pissenlit, etc. Pour les décoctions : la tanaisie, la prêle, l’absinthe, et l’infusion de rhubarbe, ail et oignon, camomille etc.

Recette du purin d’orties : hachez grossièrement 1 kg d’orties pour 10 litres d’eau. Laissez macérer 12 à 24h pour obtenir un effet insecticide et fongicide, et 10 à 15 jours pour servir d’engrais et de stimulateur de croissance. Diluez-le à hauteur de 5% pour les traitements foliaires et 10-20% pour un arrosage au pied des plantes. Le purin d’orties est riche en azote, en éléments organiques et minéraux ainsi qu’en oligo-éléments, constitue un engrais efficace pour la croissance de la plante, est préventif contre le mildiou, la rouille, l’oïdium, et répulsif des acariens, et des pucerons.

L’utilisation du marc de café dans la maison

Le marc de café peut être utilisé de dizaines de façons. Il est adoré par les vers de terre et sera donc très apprécié au compost et au vermicompost.

Outre cela, il est utile :

 

L’utilisation des coquilles d’œufs en remplacement des pots de semis

Les coquilles d’œufs sont adorées par les lombrics. Concassées, elles seront donc très appréciées au compost et au vermicompost. Outre cet usage, ils peuvent aussi être une intéressante alternative au godet du semis !

Quand vous cassez un œuf, gardez vos deux morceaux de coquille dans votre boite d’œufs. Rangez quelques part au frais vos boîtes remplies de demi coquilles, vous les ressortirez au temps des semis. Au lieu de vous encombrer de dizaines de petits godets en plastique, utilisez vos demi coquilles ! Un peu de terreau dans chacune, une ou deux graines, un petit trou au fond pour drainer l’eau, et placez vos boîtes devant une vitre. Lorsque les plantules sont prêtes à être replantées à leur place définitive, vous n’avez pas besoin de leur faire subir l’étape stressante du dépotage qui met leur racines à nu. Plantez-les directement avec leur coquille, celle-ci se dégradera petit à petit dans le sol en libérant des nutriments. Prenez soin de briser légèrement la coquille juste avant, en la serrant dans vos mains, afin que les racines puissent se frayer un chemin à travers.

 

Utilisation des tailles des jeunes rameaux

Les jeunes rameaux souples issus de la taille de vos arbres et arbustes peuvent servir à créer des plessis. Ce sont des palissades de rameaux tressés.
Saule, Cornouiller, Noisetier, Frêne, Lierre, Clématite, s’y prêteront à merveille.