Les organismes décomposeurs

La chaîne de décomposition de la matière organique par les organismes décomposeurs consiste principalement à ce que les premiers rendent assimilable la matière pour les suivants, et ainsi de suite jusqu’à obtention d’une matière stable que plus personne ne décompose : l’humus.

Cela n’empêche pas que certains organismes interviennent à plusieurs reprises, ou même tout au long du processus, et que la plupart agissent parallèlement. C’est pour cette raison qu’il est très difficile d’établir une chronologie linéaire de l’intervention des organismes décomposeurs.

Les micro-organismes auront une fonction de transformation chimique de la matière, tandis que la plupart des macro-organismes ont une action physique sur celle-ci. C’est à dire qu’ils les creusent, les grignotent, les mastiquent, les sucent, les digèrent et les brassent. Excepté le fameux ver de terre, qui lui exerce ces deux actions à la fois. Les macro-organismes sont davantage présents dans la seconde phase de maturation, lorsque la température redescend mais que la matière n’est pas encore complètement décomposée.

Les micro-organismes

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Les bactéries

          Elles sont présentes en masse dès le début, interviennent tout au long du processus de compostage, et se multiplient extrêmement rapidement lorsque les conditions sont adéquates. Elles ont besoin d’azote, de carbone et d’eau pour effectuer leur travail. De plus, les bactéries aérobies (celles que nous recherchons lorsque nous compostons) ont besoin d’air. Il en existe tellement de sortes qu’elles vont pouvoir s’attaquer à n’importe quel type de matière organique, morte ou vivante. Matières qu’elles vont manger, digérer, et transformer en des formes assimilables par d’autres bactéries et organismes. Leur action d’oxydation du carbone qu’elles utilisent comme source d’énergie est responsable du dégagement de chaleur parfois impressionnant lors du processus de compostage.

Les champignons

          Ils sont eux aussi présents en masse, dans la deuxième phase du processus car ils se nourrissent de matériaux morts ou en décomposition. Ils s’attaquent aux matières qui ont résisté aux bactéries, et les rendent assimilables pour celles-ci. On peut les voir apparaître en périphérie du compost car ils fuient les températures élevés, et sont capables de se développer dans des conditions d’humidité minimale. Le corps du champignon se manifeste par des filaments microscopiques (le mycélium), bien que l’on puisse observer certains mycéliums macroscopiques sous forme de filaments blancs dans le compost ainsi que les fruits qu’il produit à sa surface (ce qu’on appelle communément un champignon).

Les actinomycètes

          Ils sont presque aussi nombreux que les bactéries, mais n’interviennent qu’à la fin du processus de décomposition en s’attaquant aux matières qui ont résisté aux autres comme la cellulose et la lignine que contient notamment le bois. Ce sont des micro-organismes présentant à la fois les caractéristiques des bactéries et des champignons, disons que ce sont des bactéries filamenteuses qui résistent à des température élevées. Ce sont les actinomycètes qui donnent au compost son odeur d’humus.

Les macro-organismes

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Les lombrics

Ce sont ce qu’on appelle communément les vers. Il en existe deux sortes, le ver de terre (Lombricus terrestris) et le ver de fumier (Eisenia foetida). Ils apportent de l’oxygène en creusant des tunnels, et décomposent la matière organique en la digérant. Le résultat de cette digestion, leurs excréments, favorise un milieu adapté aux activités des micro-organismes. Ils se nourrissent aussi de bactéries, champignons et protozoaires, la présence de ces micro-organismes est donc nécessaire à la leur.

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Les insectes

Les collemboles se nourrissent de champignons, nématodes, acariens et plantes en décomposition, et certains coléoptères comme les carabes et les perce-oreilles sont insectivores et s’attaquent aux limaces. Les mouches sont des vecteurs aériens de bactéries, elles en déposent partout où elles se posent, et leur larves ont elles aussi une action de décomposition. Les larves de mouches soldats peuvent se retrouver en énorme  quantité et se confondent alors avec les asticots en faisant onduler le compost de façon vertigineuse. Ce n’est pas mauvais signe car elles décomposent très efficacement la matière mais risquent de priver les lombrics de nourriture. Enfin, les fourmis peuvent incorporer au compost des champignons et des minéraux comme le potassium et le phosphore.

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Les acariens

Ils ressemblent à de minuscules araignées rouges et transparentes et se nourrissent principalement des levures produites par les matières organiques en fermentation. Leur présence en abondance peut être un signe de manque d’aération, en effet les acariens supportent assez longtemps des conditions de vie anaérobie (sans oxygène).

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Les gastéropodes

Les limaces et les escargots se nourrissent eux aussi de déchets végétaux et participent donc efficacement au processus de décomposition. Vous pouvez mettre les limaces dans votre composteur si elles vous dérangent au potager, mais attention à ce qu’elles n’y soit pas trop abondantes car leur bave est nuisible à d’autres organismes décomposeurs.

Image myriapode

Les myriapodes

Les mille-pattes s’enroulent sur eux-mêmes lorsqu’ils sont dérangés, et s’attaquent comme les autres à la matière en décomposition tandis que les scolopendres s’enfuient à toutes jambes et s’attaquent en plus aux limaces.

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Les crustacés

Le cloporte est un crustacé terrestre très actif dès le début du processus de décomposition. Il se nourri principalement de matériaux ligneux pourris et des parties résistantes comme les nervures des feuilles.

Les nématodes

Ce sont de minuscules vers qui interviennent dans un deuxième temps, lorsque les bactéries ont déjà commencé le travail. Ils se nourrissent de matière organique en décomposition, mais aussi de champignons, de bactéries et d’insectes. Ce sont les invertébrés les plus nombreux dans le sol, et certaines espèces s’attaquent aussi au racines des plantations.