Le compostage

 

Le but du compostage est de reproduire l’humus naturel, première couche du sol retenant l’eau et les nutriments, nécessaire à la santé et la croissance des végétaux. L’humus est le résultat de la décomposition de la litière de matière organique qui se dépose naturellement sur le sol (végétaux et animaux mort, excréments), accélérée par des organismes et micro-organismes décomposeurs. Le compostage consiste à optimiser ce processus de façon contrôlée.

Il existe différentes méthodes de compostage : compostage en bacs, en andains (tas), ou lombricompostage (vermicompostage). Chacune est adaptée à un contexte particulier (besoins, contraintes, volume). Les sites de compostage peuvent être mis en place soit chez des particuliers, soit à une échelle collective (pied d’immeuble, jardins publics, restauration collective), voire industrielle (plate-forme de compostage). Pour plus de détails, vous pouvez aller sur la page dédiée.

Aujourd’hui, cette pratique est redéfinie par un contenant (le composteur) qui facilite et accélère la période de maturation, un résultat (le compost) acquis en 8 à 10 mois, 6 mois pour les meilleurs résultats grâce aux quelques règles que voici.

 

 

Les règles d’or :

  • Aération : le composteur n’est pas un pourrissoir où les déchets de cuisine sont simplement entassés. Le processus recherché n’est surtout pas la fermentation putride, mais la décomposition. Les organismes qui décomposent le compost ont besoin d’air. Intégrer du broyat de branchages, des feuilles mortes, de la paille permet de structurer l’ensemble et d’éviter un tassement asphyxiant et la présence d’odeurs nauséabondes. Le compost peut être brassé ou retourné de 2 à 4 fois pendant le processus afin de faciliter et d’accélérer la décomposition. Aidez-vous d’une mini-griffe pour les mélanges en surface, d’un brass’compost ou d’une fourche à fumier pour l’ensemble du tas.

  • Équilibre carbone/azote : les organismes décomposeurs ont besoin à la fois d’azote et de carbone. Les matières fraîches, c’est à dire humides et/ou vertes, sont riches en azote (épluchures, sachet de thé, fleurs fanées…), tandis que les matières sèches/brunes sont riches en carbone (broyat de branche, sciure, feuilles mortes). Le bon équilibre à atteindre pour que la décomposition soit optimale est d’environ 2/3 de matières fraîches pour 1/3 de matières brunes bien mélangées afin d’obtenir un résultat homogène. Ces matières peuvent être fragmentées en fonction de leur grosseur et de leur peau. Faîtes-vous une réserve de brun à côté du composteur afin d’équilibrer chaque nouvel apport de matière fraîche, et mélangez en surface. Laissez un minimum de matières fraîches visibles.

  • Humidité : les organismes décomposeurs ont besoin d’eau et normalement, l’apport par alternance de matière organique humide (comme les bio-déchets de cuisine) suffit à amener un taux d’humidité suffisant à l’ensemble du compost.  Pour éviter le dessèchement, fermez le couvercle pour empêcher l’évaporation excessive et ne dépassez pas les 4 mm d’interstices entre les planches du composteur. Si vous constatez que le composteur ne cesse de se remplir, vos compost est sûrement trop sec, arrosez le sur l’ensemble du tas et brassez mais ne rincez pas votre seau dans le composteur et ne le laissez pas ouvert lorsqu’il pleut.

 
 
 

 

Que mettre au compost ?

Vous pouvez mettre au compost toute matière organique, c’est à dire principalement vos déchets de cuisine et de jardin, mais aussi les cheveux, le papier et le carton sans encre, etc. N’hésitez pas à mettre le marc de café, les coquilles d’œufs (broyées) et les sachets de thé. Les seuls véritables interdits sont le plastique, le métal, le verre, les matériaux chimiquement traités, les tissus synthétiques.

Néanmoins, le compostage de certaines matières organiques est à éviter dans un premier temps ou dans certaines conditions, et pourra être amené une fois le processus de compostage bien maîtrisé (expérience et connaissance technique) : par exemple les os, la viande et le poisson. Pour éviter toute nuisance,  ces éléments doivent être enfouis au cœur du compost, là où le processus de compostage est optimal. Les peaux épaisses comme celles de l’orange ou de l’avocat doivent être morcelées. Le pain, les coquillages et les cendres de feu de bois doivent rester en petites quantités. Les pierres ne se dégraderont jamais ! Et le bois en section de plus de 5 mm mettra trop de temps à le faire.

Vous avez un doute sur ce que vous pouvez mettre dans le composteur ?
N’hésitez pas à le mettre dans votre composteur en petite quantité, et observez. Suivant votre pratique de compostage, les résultats peuvent être différents.

 

Comment évaluer son compost ?

Lorsque votre compost sera en cours de décomposition, vous vous demanderez souvent si le processus se passe correctement. Voilà quelques indications de base à prendre en compte pour savoir évaluer vous même votre compost. Ces indicateurs étant évidemment interdépendants, il est essentiel de les analyser conjointement (les mauvaises odeurs peuvent par exemple être associées à un excès d’humidité, à une température basse ou à une humidité excessive).

Chaude et sèche : arrosez !
Froide et sèche : retournez et arrosez
› Froide et humide : retournez. En cas de matières trop tassées et très humides, étalez la et laissez la sécher au soleil. Apportez des matières structurantes (brindilles, broyats, feuilles mortes) et/ou éventuellement du compost ou de la terre végétale.
› Chaude et humide : tout va bien !

› Odeurs désagréables (ammoniac, pourriture) : retournez. En cas de matières trop tassées et très humides, étalez-les et laissez-les sécher au soleil. Apportez des matières structurantes (brindilles, broyats, feuilles mortes) et/ou éventuellement du compost ou de la terre végétale.
› Pas d’odeur désagréable, odeurs de sous bois : tout va bien !

Trop nombreux : enfouissez les matières sucrées telles que les fruits. Apportez des matières structurantes en surface (brindilles, broyats, feuilles mortes) ou éventuellement du compost ou de la terre végétale.
› Absents ou peu nombreux : tout va bien !

 

Comment l’utiliser ?

Au potager, le compost doit être utilisé mûr s’il est incorporé au sol, sans quoi il risquerait de « brûler » vos plantes. C’est à dire qu’il peut encore contenir des substances inhibant le développement des racines. On reconnaît un compost mûr grâce à 3 caractéristiques : une couleur brune ou noire, une odeur discrète de sous-bois et une apparence homogène (plus de morceaux identifiables). S’il stagne, brassez-le, humidifiez-le afin de relancer le processus.

On préférera cependant un compost demi-mûr pour nourrir le sol. C’est lui seul qui peut aggrader la structure du sol. Il faut alors l’épandre en surface sur quelques centimètres d’épaisseur, et le pailler avec un végétal. Les décomposeurs se chargeront de le mélanger au sol. On reconnaît un compost demi-mûr aux décomposeurs encore présents et à la présence de morceaux plus grossiers.

 

Une fois qu’il vous semble prêt, retirez la façade du composteur et observez le cas échéant les différentes couches et leur degré de maturation. Si la première couche n’est pas suffisamment mûre, retirez-la et réservez-la pour le fond de votre composteur une fois vidé; ce sera un excellent levain pour relancer le processus de compostage suivant.

A l’aide d’une bâche ou d’un grand carton au pied du composteur et d’un croc, déversez le compost mûr puis tamisez-le éventuellement (à l’aide par exemple d’une cagette en plastique) si vous souhaitez vous en servir pour du rempotage ou des semis. Remettez les éléments grossiers au composteur.

Vous pouvez ensuite :

 

 

Quels sont les effets du compost ?

Sur la structure du sol : augmentation des agrégats (voir complexe argilo-humique plus bas), meilleure perméabilité à l’air et à l’eau, meilleure rétention d’eau, réduction de l’effet du gel, de l’érosion, et de la déshydratation par ventilation, augmentation de l’absorption des rayons solaires grâce à la couleur foncée du compost.

Sur les caractéristiques physico-chimiques du sol : minéralisation du compost qui fournit des substances nutritives progressivement assimilables par les plantes, évitement d’une acidification du sol (ou correction) avec un compost bien mûr.

Sur la biologie : la présence de micro-organismes divers dans le compost lui permet d’augmenter l’activité biologique du sol, de fixer par exemple l’azote de l’air, ou de rendre assimilable par les plantes du soufre, du phosphore, des oligo-éléments contenus dans les roches. Cela permet la limitation du développement d’organismes pathogènes et un meilleur développement racinaire grâce à l’activité microbienne. Contrairement aux engrais chimiques qui contiennent un concentré de nutriments directement assimilés par la plante, le compost délivre des nutriments au fur et à mesure des besoins de la plante grâce à l’interaction possible avec les organismes vivants qu’il contient. Ainsi, les bénéfices seront bien plus durables.

Le complexe argilo-humique : Les sols peuvent être plus ou moins sableux, limoneux ou argileux, chacun possède des avantages et des inconvénients. Par exemple, les sols sableux ne retiennent pas l’eau tandis que l’argile la fait stagner. L’apport de compost permet d’obtenir un sol idéal en formant des grumeaux, agrégats de sables, limons, argiles et humus. Ce sont les complexes argilo-humiques. Ainsi, ils laissent s’écouler l’excès d’eau mais en retiennent suffisamment, permettent une bonne aération, facilitent la pénétration des racines, et améliorent les propriétés physico-chimiques du sol.

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